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Création de khatchkars traditionnels
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Les khatchkars de l’Arménie chrétienne entre la noblesse d’une tradition millénaire et les défis de la modernité

 


 

 Parmi les nombreux arts de l’Arménie chrétienne tel qu’ils sont décrits dans le livre publié par notre association : Dentelles de pierre, d’étoffe, de parchemin et de métal, bien peu ont survécu au naufrage quasi général de la culture arménienne entre les massacres ponctuels et réguliers des XVème-XIXème siècles, le Génocide arménien de 1915 et la destruction minutieuse de tout le patrimoine arménien encore orchestrée actuellement par l’État turc.

Les secrets du tissage du tapis sont, par exemple, largement perdus. On ignore les secrets des recettes des teintures qui charment l’œil ou la manière de préparer la laine pour tisser des nœuds dont la finesse surprend les meilleurs spécialistes.

 

De tous les objets d’art arméniens, les khatchkars, ces stèles de pierre portant une grande croix, sont à la fois les plus communs et les plus originaux. Les plus communs, car il n’existe de pays chrétien où il n’y ait de telle croix de pierre, mais fondamentalement originaux parce que ces stèles ont évolué d’une manière propre à l’Arménie.

 

 

 

 

 

 

 

 L’héritage pré-chrétien. L’époque préhistorique nous a transmis trois types de monuments liés à des pratiques religieuses : les dolmens qui sont constitués de deux pierres plantées en supportant une troisième qui fait table ; les cromlechs, ces enclos rituels matérialisés par des pierres debout et des menhirs, des monolithes (blocs de pierre de très grandes dimensions) plantés. L’Arménie possède des exemples nombreux de ces trois types, notamment sur les pentes du mont Aragadz, une montagne sacrée pour les hommes de la préhistoire.

Alors que les menhirs en Occident ne semblent pas avoir survécu aux changements religieux de l’humanité, en Arménie cette tradition pourrait avoir évoluée sans disparaître. En effet, des stèles avec des vishaps*, ces divinités liées à l’eau et à la fécondité, se rencontrent tout au long des deux premiers millénaires avant J.-C. dans toute la grande Arménie.